TRONCHES

Le sourire ment.
L’âme parle.
Pas de censure.
Pas de filtre.
J’ai pénétré par effraction.
Le masque est tombé.
Contemple.
Donne-moi raison.

À propos
Eux… ce sont celles et ceux que j’ai rencontrés.
La rue les a usés… parfois jusqu’à les tuer. J., N., A.… et tellement d’autres.Leurs histoires, je les connais : des heures, et même des nuits, à rire, à pleurer… et souvent à pleurer de joie.

la rue : elle te sort du cadre, elle t’isole, elle t’use… puis elle t’efface.
Ça peut tomber sur n’importe qui. Et aujourd’hui mes difficultés financières me mettent face au réel. Personne n’est à l’abri, quel que soit le niveau social. Et pour moi, la frontière entre tenir… et basculer… devient très mince.

« Oui, gars… la rue, elle m’a usé… presque tué.
Je me rappelle la première fois, frère… Je te vois… et toi, tu me demandes si je suis ouvrier de ville. 
Non… je vis dehors. Je suis SDF.
Et puis on parle… on parle… on parle… et tu fais même pas de photos.
Et puis on va manger ensemble… tu me laisses choisir… 

et moi, je veux des spaghettis.
Je t’invite chez moi… chez moi, c’est une ruelle, un coin : des bâches en plastique… et deux cartons. C’est ça, “chez moi”.

Et toi, tu restes la nuit.
Avant de partir, tu me montres des photos que t’as prises. J’avais même pas vu… c’est passé comme le vent dans la rue…

Je vois ton taf. C’est pas joli-joli, c’est vrai. Ça griffe. Ça pique. Tes images, elles demandent pas la permission.

Je regarde… et d’un coup… je ne suis plus invisible. Moi, je cours pour survivre… mais là,  stop. Je respire.

Et là… je vois… tu m’as foutu sur ton bras, putain ! Le tatouage, je rêve ! 

Comme ça… j’existe encore.
  • Liège, Wallonie, Belgique

Le regard, la présence. portraitiste à Liège, amour du noir et blanc . Séances sans mise en scène, lumière maîtrisée, tirages disponibles. Contact par formulaire ou e-mail.


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